
Me souvenir de toi
La brume s’est levée. Reflets roses sur les bancs
de sable découverts. Nuée de bateaux, quilles au vent.
Le jusant aura bientôt fini sa course de recule.
Sans se lasser, la mer reviendra, venu le crépuscule.
Chaque jour au levé du soleil
J’aimais la voir ainsi sous nos croisées.
M’assurer qu’ici rien ne changerait jamais.
Sortir langoureusement de mon sommeil.
J’aimais les mois d’hiver
car ils te ramenaient vers moi.
Le feu dans l'immense cheminée de pierres
Compensait l’éteinte provisoire de nos hortensias.
Flâner ainsi dans la maison ouatée,
Ecouter, dans la pièce à côté,
tes doigts voler sur le clavier...
la musique de ton piano m’habillait.
Je suis un femme inutile. Seule la mer
Est restée pour me parler de toi.
Si tu savais combien parfois
Je suis lasse... Seules quelques chimères
En souvenir de nous. Parfois j’ai si froid.
Aimais-tu la mer plus que moi ?
Pour elle seule, elle a voulu te garder...
Alors, il est vrai, que parfois... Je la hais !
2/05
(extrait de "une vie bien douce")
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